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AUTEUR

Ghislain Olivier

BRON

Les éditions de l'heure

Geen titel (FR)

31/01/2012

Quelle que soit la façon dont elles sont présentées, les œuvres (peintures et/ou dessins) de Fred Michiels restent indépendantes les unes des autres, sont déplaçables, peuvent être re-disposées, et changer de contexte. Plutôt que d'offrir une définition des œuvres dans le cadre d'une exposition, le concept d'atelier fait l'objet d'une mise en place spécifique offrant un espace de création où la découverte a lieu.

La juxtaposition d'images multiples dont le fondement est évident et classiquement qualifié parvient à capturer l'essence même du monde moderne technologiquement avancé dans lequel nous vivons aujourd'hui.

Pour Fred Michiels, l'image est une réalité matérielle que l'Homme a ordonnée. Le choix et le contexte procède donc d'une stratégie esthétique. Ses travaux sont aussi complexes et multicouche que le monde dans lequel nous vivons.

La pratique d'une technique linéaire crée une distance entre le créateur, le spectateur et l'image. L'emploi des couleurs s'appuie sur d'innombrables nuances qu'il est presque impossible de différencier ou de nommer. La surface est formée par un ensemble divers et fluide qui vibre au travers de la couche supérieure, apportant la nébuleuse d'une sorte d'image nouvelle.

Au lieu de dire une histoire, il en crée beaucoup d'autres qui s'entrelacent. C'est pourquoi il les présente comme sorte de « collage » au mur ou il enferme 300 dessins dans trois caisses en bois peintes, et qui peuvent être présentées, en les superposant de diverses façons, comme une sorte de collage-multiple ou comme des strates picturales. Le nombre de dessins, leur présentation, leur composition varient constamment. Si dans ce processus, l'allusion à l'importance de la mémoire est inévitable et évidente, les nuances de couleurs s'imposent fortement au spectateur, aux dépens de leur présentation figurative.

Des scènes érotiques explicites traversent ainsi des paysages et des portraits de personnages célèbres dans un chant de couleurs vibrantes et acidulées. L'artiste explore ainsi d'autres champs de recherche que la peinture sur toile traditionnelle.

Michiels se révèle être un artiste classique parfaitement dans l'air du temps qui essaie d'élargir le champ de la peinture.

Soumis à cette expérience, « le spectateur participe à l'œuvre, parfois même sans s'en rendre compte. Car quiconque se frotte à l'art développe une certaine responsabilité. L'art ne se consomme pas comme les autres biens et commodités. Car l'envers de la démocratie est le fait que nous avons tous quelque chose à dire, même quand nous n'avons RIEN à dire ! »

Ceci peut être perçu comme une variante contemporaine de la peinture fondamentale, un mouvement des années '70.